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Vie et Mort de Jacques Roux

Tout d'abord un sujet à contre pied, à savoir la vie et la mort de Jacques Roux, le curé rouge ??????

Ce livre est écrit par Dominic Rousseau, instituteur à Bordeaux, dans l'école de mes enfants.

Hou là là ! Ou va t'il nous entrainer ? Maintenant il s'intéresse aux curés.

Oui mais pas n'importe lequel. Personnage oublié dérangeant, aussi bien pour les héritiers de la Révolution (il les débordait sur leur gauche) et par les réactionnaires (c'est le prêtre constitutionnel qui a accompagné Louis XVI à l'échaffaud), ce personnage était à oublier !

Le livre Le curé RougeLe livre Le curé Rouge

Le livre Le curé Rouge

Sujet sur la Révolution Française un peu casse gueule me direz-vous en ces temps ou le vent de la Réaction refait surface.

Nourri de l'histoire de la Révolution Française, j'ai trouvé ce livre salutaire et y ai beaucoup appris.

A ce sujet il me rappelle l'interview de Zhou Enlaï, Premier Ministre de la Chine de Mao à qui un journaliste demandait ce qu'il pensait de la Révolution Française et qui lui répondait qu'il était encore trop tôt pour le mesurer. Vaste réflexion toujours actuelle.

Si le livre vous intéresse, il est publié aux éditions Spartacus (220 pages) coûte 13 €.

Commandez le moi et je me chargerai de transmettre votre demande à Dominic Rousseau avec dédicace si vous le souhaitez.

Un beau cadeau pour les amateurs d'histoire et de tous ceux qui aiment réfléchir à notre société

st ce Jacques Roux ou pas Jacques Roux ? Son triomphe lors de l'exécution de Louis XVIst ce Jacques Roux ou pas Jacques Roux ? Son triomphe lors de l'exécution de Louis XVIst ce Jacques Roux ou pas Jacques Roux ? Son triomphe lors de l'exécution de Louis XVI

st ce Jacques Roux ou pas Jacques Roux ? Son triomphe lors de l'exécution de Louis XVI

Belle écriture, ouvrage documenté et partant de l'histoire locale (Jacques Roux a exercé en Gironde et sud Charente) pour rejoindre la grande Histoire.

On y découvre sur le terrain les prémices de la Révolution, ses révoltes annonciatrices de l'orage, mais aussi la vie des prêtres du Bas Clergé de l'Ancien Régime, partageant les conditions de vie misérables du Tiers Etat, écrasé par cette société aristocratique, basée sur l'inégalité de traitement au profit des élites et de conservation de leurs privilèges, refusant la réforme fiscale.

Mais pas seulement.

Ce livre est un ouvrage d'analyse sur les courants politiques au sein du mouvement révolutionnaire. Illustration des positions et débats en son sein, sans à priori, restituant ces analyses sans aucun jugement moral.

Jacques Roux est à la pointe des combats du petit peuple des campagnes, puis parisien. Dans l'histoire, on les appellera les Enragés. Les figures de Marat, Collot d'Arbois, Hébert, Varlet, Baboeuf, les clubs des Jacobins, des Cordeliers, les Girondins et les Montagnards sont présents dans le récit de Dominic Rousseau.

Une grande sincérité idéologique et un manque peut être volontaire de « bon sens politique » vont isoler Jacques Roux dans les journées de 1793 et ainsi, en l'isolant, en faire une des premières victimes de la Terreur.

Oui, cela est ignoré et le livre en porte témoignage, la Terreur va d'abord éliminé les Enragés, avant de se retourner contre les Girondins puis les Hébertistes, dans une logique de protection la propriété privée, et ne pas s'en prendre par des mesures radicales aux « agioteurs » et autres «accapareurs », cibles régulières de la colère de Jacques Roux et des sans culottes de sa section des Gravilliers.

Robespierre et ses amis, tournant le dos à la question sociale, vont à leur tour s'isoler et quand les contre révolutionnaires viendront les arrêter, les sans culottes parisiens resteront dans leurs sections l'arme à la bretelle.

La Révolution Française s'arrête là.

Cette répression qui frappe ces « Enragés » sonne donc le crépuscule de la Révolution. La porte est donc ouverte et l'Ordre est de retour, par étape pour aboutir au Directoire, à l'Empire puis à la Restauration.

Jacques Roux mettra fin à ses jours en prison le 10 février 1794 et jusqu'au bout personnage contradictoire. Il aura jusqu'au bout souhaité rester fidèle à ses idées en maîtrisant son destin jusqu'au suicide.

Jean-Pierre Lefèvre

Extraits du discours de Jacques Roux, prononcé le 25 juin à l'Assemblée s'en prenant ainsi aux députés :

« L'acte constitutionnel va être présenté à la sanction du souverain.

Y avez-vous proscrit l'agiotage ? Non.

Avez-vous prononcé la peine de mort contre les accapareurs ? Non

Avez-vous déterminé en quoi consiste la liberté du commerce ? Non

Avez-vous défendu la vente de l'argent monnayé ? Non

Eh bien ! Nous vous déclarons que vous n'avez pas tout fait pour le bonheur du peuple. »

Et encore en cherchant à les convaincre :

« Nous vous conjurons, au nom du salut de la République, de frapper d'un anathème constitutionnel l'agiotage et les accaparemments, et de décréter ce principe général que le commerce ne consiste pas à ruiner, à désespérer, à affamer les citoyens........ Prononcez contre les agioteurs et les accapareurs. Ou ils obéiront à vos décrets ou ils n'obéiront pas. Dans la première hypothèse, vous aurez sauvé la patrie ; dans le second cas, vous aurez encore sauvé la patrie car nous serons à portée de connaître et de frapper laes sangsues du Peuple. »

la suite toujours sur la question sociale

« La liberté n'est qu'un vain fantôme quand une classe d'hommes peut affamer l'autre impunément. L 'Egalité n'est qu'un vain fantôme quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable. La république n'est qu'un vain fantôme quand la contre-révolution s'opère , de jour en jour, par le prix des denrées, auquel les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser de larme »

Les révolutionnaires au XIXème siècle mettront en avant principalement cette question sociale en avant.

Jaurès écrit sur Jacques Roux :

« Il s'entretenait avec tous, avec les femmes comme avec les hommes sachant, par son expérience d'Eglise, que la femme pouvait jouer un rôle décisif. »

Jacques Roux était un soutien sans faille au femmes et au groupe des Républicaines révolutionnaires de Claire Lacombe et Pauline Léon et dissous en septembre 1793.

Le curé rouge
La lettre de M Dominik Rousseau suite à mon article
Monsieur Lefevre,


	Un grand merci pour le long article que vous avez consacré à mon  
livre et qui met bien en lumière les principaux thèmes qui y sont  
développés. Votre démarche me fait grand plaisir.
	Un seul bémol, mais ce n'est pas votre faute : j'ai laissé un message  à Wikipédia pour leur demander de ne plus diffuser ce portrait qui  
circule encore sur Internet ; les historiens savent que ce n'est pas  
le portrait de Jacques Roux, mais on continue encore à le diffuser. En  
fait, on ne possède pas de portrait de Jacques Roux, mais il semble  
bien qu'il était plus mince que l'homme du portrait (et barbu) d'après  
la description dont nous disposons.
	Sur le fond, vous avez bien exposé les enjeux majeurs des sans- 
culottes dans votre article, et cette lutte désespérée pour défendre  
leur cause (comme on doit le faire aujourd'hui encore car, en effet,  
les réactionnaires sont de retour). A vous lire, je me sens encore  
plus motivé pour "affronter" les conférences qui s'annoncent ; j'ouvre  
le feu la semaine prochaine dans une grande salle à Mirambeau vendredi  
22, en soirée.
	J'ai prévu, en conclusion de cette première conférence, de parler de  ce qu'il y a de "moderne" dans la lutte obstinée de J. Roux contre les  
accapareurs et les spéculateurs, quel pont on peut établir avec les  
temps présents. Fait tout à fait imprévu lors de mes préparatifs, je  
vais parler dans cette conclusion de Salvador Allende. Pourquoi ?  
J'organisais hier soir, chez moi, avec quelques personnes, une soirée  
consacrée à la question chilienne autour d'un invité : un Chilien qui  
a connu (et vécu dans sa chair) le coup d'état de Pinochet. Je l'avais  
invité pour qu'il témoigne. Mais je me suis rendu compte qu'il avait  
très très bien connu et vécu (en participant activement) les années  
Allende (de 1970 à 1973) et il nous a parlé des pratiques  
d'accaparement et de spéculation des commerçants pour s'enrichir et  
faire échouer la "révolution" populaire d'Allende. Incroyable ! De  
quoi faire se retourner Jacques Roux dans sa tombe. Le combat continue  
donc ... (et l'Histoire se répéterait-elle ?)
	Je suis retenu chez Mollat pour une conférence, en janvier  
normalement. Il reste à fixer la date.

	Encore merci, et à bientôt à l'école.
	Amicalement,

														D. Rousseau
Tag(s) : #spécial copinage

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