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Aujourd'hui, mardi 18 Mars 2014, 143 e anniversaire de la Commune de Paris et nous sommes dans la semaine du Printemps des poètes et de la poésie.

Comme chaque année rien ne vous interdit de lire, d'écouter, d'écrire des poèmes.

Chaque année, dans les écoles, des parents viennent lire des poèmes aux enfants.

Pour moi ce sera celui de Jean Baptiste Clément, car c'est aussi une histoire .............. de famille ?????

La Commune et le temps des cerisesLa Commune et le temps des cerisesLa Commune et le temps des cerises

La Commune et le temps des cerises

Quand nous chanterons le temps des cerises

Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête.
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur.
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur.

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l'on s'en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d'oreilles.
Cerises d'amour aux robes pareilles (vermeilles)
Tombant sous la feuille en gouttes de sang.
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu'on cueille en rêvant.

Quand nous en serons au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d'amour
Évitez les belles.
Moi qui ne crains pas les peines cruelles
Je ne vivrai point sans souffrir un jour.
Quand vous en serez au temps des cerises
Vous aurez aussi des peines d'amour.

J'aimerai toujours le temps des cerises
C'est de ce temps-là que je garde au cœur
Une plaie ouverte.
Et Dame Fortune, en m'étant offerte
Ne pourra jamais fermer ma douleur.
J'aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur.

Ce poème a une histoire très connue mais moi je l'ai découverte non pas dans les livres d'histoire mais par transmission familiale.

Ah oui j'oubliais, certes on ne choisi pas sa famille, son pays mais là, coup de chance Jean Baptiste Clément est un arrière grand oncle.

Petit, je me souviens qu'en famille, nous chantions le dimanche des chansons à table ou l'on récitait des poèmes. Et parmi eux ceux de Jean Baptiste Clément,

Famille de meuniers du côté de ma mère (mon grand père travaillait comme meunier dans un moulin de l'ouest parisien), la famille de Jean Baptiste Clément (je ne sais pas si ils ont des liens avec les biscottes du même nom ?) tenaient ceux de Puteaux.

J-B Clément a dédié sa chanson à la vaillante citoyenne et ambulancière, Louise

présente comme lui et Louise Michel, ce dimanche 28 mai 1871 sur la dernière barricade de la rue de la Fontaine au Roi, mettant un terme à la Semaine Sanglante.

Ma mère m'avait indiqué que Clément avait écrit ce poème puis l'avait échangé à Jules Renard ????? contre un quignon de pain lors de son exil à Bruxelles après sa fuite de Paris.

Hors la chanson a été écrite en 1867 et la musique composée par ….. Antoine Renard mort en 1872 et non Jules Renard.

Rien à voir donc avec l'écrivain né le 22 février 1864 et décédé le 22 mai 1910 à Paris. L'auteur de Poil de carotte, du Pain de ménage n'avait donc que 7 ans au moment de la Commune.

Pas de lien particulier donc entre les deux Renard.

Fausse piste donc mais si à l'époque il n'y avait pas de SACEM pour protéger les droits des artistes, c'était de toute façon pas le genre de la maison de fréquenter la maréchaussée ou les tribunaux sauf pour ces nombreux séjours en prison dû à ses talents de chansonnier libertaire.

Est ce que ma répulsion à la maréchaussée est génétique ?????

Revenons à nos cerises alors et à ses semi vérités.

Une autre version familiale laissait entendre que Clément lors de son passage à Bruxelles avait rencontré un chanteur d'Opéra, qui voyant son dénuement lui avait offert son propre manteau.

Cette piste m'a séduite. Elle ouvrait sur la si belle, si grand actrice Stéphane Audran dans Le Festin de Babette de Gabriel Axel.

Réfugiée dans un village et hébergée par deux filles d'un pasteur très austère du Danemark, Stéphane Audran ex-communarde, ancienne grand chef du Café de la Paix de l'Opéra gagne un gros lot.

Pour remercier cette communauté de son accueil elle décide de confectionner un repas délicieux qui mettra sans dessus-dessous les villageois, découvrant la beauté, les saveurs le plaisir et remettant en cause leur vision étriquée et austère du Monde.

A cette occasion un grand ténor français venu en visite dévoilera le secret de Babette. Le ténor peut être celui rencontré par Clément à Bruxelles s'appelle « Monseur Papin » et non Renard.

L'histoire du manteau est bien confirmée dans la biographie de Clément.

Exemple de rencontre de la petite et de la Grande Histoire sur fond de poésie.

Il nous reviendra bien ce temps des cerises.

Jean Baptiste ClémentJean Baptiste Clément

Jean Baptiste Clément

Une version magnifique

L'histoire d'une chanson

Un beau soir de 1867, Jean-Baptiste Clément allait trouver Antoine Renard (1825-1872). Originaire de Lille, cet ancien ténor de l’Opéra s’était reconverti dans le music-hall et se produisait au café-concert de L’Eldorado. Ouvert en 1858 et situé 4 boulevard de Strasbourg, dans le Xe arrondissement parisien, cet établissement à la fois café et salle de spectacles accueillait alors le compositeur d’opérettes Hervé qui y dirigeait l’orchestre. Il le pria de mettre en musique son poème Le Temps des Cerises, ce qu’il fit quelque temps plus tard. Cette chanson devint ensuite l’hymne de tous les communards et des ouvriers. Ce n’est qu’après son retour d’exil que Jean-Baptiste Clément ajouta en 1882 la dédicace :

" A la vaillante citoyenne Louise, l’ambulancière de la rue Fontaine-au-Roi, le dimanche 28 mai 1871 ". Ce jour là, avec Eugène Varlin et Charles Ferré, tous deux plus tard condamnés à mort et fusillés, Clément se trouvait sur la dernière des barricades ; Louise Michel, la " Vierge rouge de la Commune ", était de la partie.

Auteur de romances et autres chansons : Le Chasse neige, Le Bonheur des Champs, Le Couteau de Jeannette, Fille des champs, Le Barde Gaulois..., Antoine Renard fit éditer, du moins au début, son Temps des Cerises chez J. Kybourtz, 40 Passage du Havre à Paris (édité de nos jours chez Salabert). Il dédicaça sa partition " A mon ami Anatole Lionnet ". Celui-ci, ami de Gounod qui le rendit dédicataire en 1855 de sa mélodie Mon habit (Heugel), composait lui-même des airs et romances, comme cet Hymne d’amour ou Le petit pioupiou, chantés et enregistrés au début du siècle par le baryton de l’Opéra Jean Noté et André Marchal.

Si Le Temps des Cerises fut au départ un chant révolutionnaire, il n’est plus aujourd’hui qu’une jolie chanson d’amour dont le succès ne se démentit jamais. Depuis le début du siècle, de nombreux artistes l’ont interprétée, certains avec beaucoup de talent : André Dassary, Suzy Delair, Tino Rossi, Charles Trenet, Yves Montand, Mouloudji, Nana Mouskouri, Michel Fugain, Colette Renard... et plus récemment Juliette Gréco (1994), Demis Roussos (1996), Florian Lambert (1998) et Marie-Denise Pelletier (2000)...

Denis Havard de la Montagne

http://www.musimem.com/

Tag(s) : #Ballades et rencontres

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