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Débat au Musée d'Aquitaine
Débat au Musée d'Aquitaine

C'est sur cette phrase d'Aimé Césaire que s'est conclue cette table ronde de la journée d'hommage aux soldats des colonies de 14-18 enterrés à Bordeaux, organisé par la fondation du mémorial de la traite des noirs, de notre ami Karfa Diallo.

Réaffirmation de l'hommage aux étrangers qui ont sauvé la France, exigence de la reconnaissance du sang versé par ces mêmes étrangers pour notre liberté.

Comme le rappelait Manuel Diaz président de séance, à l'image de la Résistance française ou les "étrangers" étaient en nombre, plus particulièrement dans le Sud Ouest avec la présence en force des résistants républicains espagnols.

L'occasion de rencontrer quelques personnalités intéressantes. Françoise Vergés, politologue, Barcha Bauer, réalisateur, Michel Suffran, écrivain, François Trieu, écrivain.

Françoise Vergès
Françoise Vergès

En effet le but de cette initiative au delà du rappel de leur sacrifice, est de tenter de répondre à la question du pourquoi s'y intéresser ? Comme la posée Françoise Vergès en introduction au débat.

Et sa réponse est simple, parce que notre Monde est issu de cette histoire, nous en sommes les héritiers.

Elle a rappelé ce désir d'indépendance des peuples colonisés. Il se manifeste dès 1919. Mais il faudra attendre, un autre conflit mondial des luttes fratricides et cruelles pour ces peuples accèdent à leur indépendance.
Indépendance relative car les liens économiques et les rapports entre pays riches et pauvres sont toujours basés sur la domination.

Enfin une autre vrai question se pose.

Quand la décolonisation de la République et du récit national commenceront-t 'ils ?

Les clichés colonialistes ont la vie dure, ils ouvrent ainsi la porte au racisme, et l'exclusion de la mémoire national du sacrifice de ses hommes alimente le refus de la diversité.
Comment s'étonner alors qu'on applique aux banlieues (le mot veut dire banni du lieu ), la même vision colonialiste. Considérant les populations d'origine immigrées parfois de plusieurs générations, de la même façon que l'on considérait leurs ancêtres.
Vision développée au Temps des Colonies à l'égard des populations indigènes.

Ho Chi Minh
Ho Chi Minh

Cette Première Guerre Mondiale, déplaçant les centaines de milliers de personnes bouleversera sans aucun retour en arrière les soldats, avant, pendant et après.

L'état de subordination dans lequel ils étaient maintenus ne pouvait plus s'appliquer car ils avaient vu, rencontrés, côtoyés, aimés pour certains des blancs qui n'étaient pas les dominateurs coloniaux mais subissaient comme eux le poids de l'effort de guerre et des conditions de vie matériel très précaire.

De quoi nourrir la pensée d'un Ho chi Minh et de nombreux autres penseurs issus des colonies comme nous l'a expliqué avec beaucoup d'émotion M François Trieu sur la présence des indochinois 100 000 dont 43 000 vietnamien, considérés comme faibles et peu sûr, employés à l'arrière dans les usines. Ah ces clichés racistes.

Barcha Bauer
Barcha Bauer

Barcha Bauer, est un cinéaste, réalisateur, producteur indépendant. Il a fondé après 1968,une société coopérative avec Claude Gilaizeau : Les productions de la lanterne.

Depuis 1973 il maintiennent une approche particulière de la production de documentaires et de long-métrages de fiction permettant aux nouveaux talents de s'affirmer et d'émerger.

Orientée à l'origine vers le court-métrage de fiction et les documentaires de création historique, sociale et artistique, la lanterne a permis à de nombreux projets originaux et ambitieux de voir le jour et ceci grâce à ses propres moyens de production.

Le catalogue

http://www.lalanterne.fr/FR/catalogue/recherche.php?realisateur=Barcha+BAUER

Un Peuple sans mémoire est un Peuple sans avenir

Michel Suffran, né le 1er novembre 1931 à Bordeaux (Gironde), est médecin, écrivain, et auteur de théâtre français.

L'auteur de « Génération perdue », ami de Claude Mauriac nous a parlé de la « nécessité du devoir de mémoire, une nécessité utile, étant pétris de tout ce que nous ont donné nos ancêtres. » ,

nous a invité « à sauver la part d'humanité qui est en nous, pour garder quelque chose de plus qu'un souvenir nécessaire pour définir notre propre identité. »

Citant le poète bordelais Georges Pancol

« Ces hommes (ils parlaient des victimes de 14-18) ont été des victimes mais aussi des annonciateurs pour quelques uns qui pensaient aller au combat pour un monde meilleur »

Georges Pancol écrivant aussi à sa femme Winnie, deux jours avant sa mort le poème suivant :

"La canonnade gronde partout : le temps est superbe et si doux.
Je n'ai aucun pressentiment funèbre; comment le pourrais-je, par un tel soleil ?
Et pourtant ?
Comme le passé est loin et comme l'avenir est proche !
Good bye, Darling."

Un Peuple sans mémoire est un Peuple sans avenir
Tag(s) : #Infos et divers

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