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Peau noire, masques blancs
Peau noire, masques blancs
Un peu de lecture au cours de ce long week-end et pourquoi pas Frantz Fanon ?

Une pensée fondamentale émancipatrice, controversée, pour traiter de l'objet, de l'origine, de l'utilisation du racisme, de son intériorisation par les dominés, utilisée comme instrument de domination des colonisateurs.

Un écrivain très engagé, toujours « dérangeant » de nos jours, encore, y compris pour les bonnes consciences occidentales.

Ne pas l'oublier que ses propos nous apparaissant radicaux, ont été écrit dans la période qu'il a traversée :

la décolonisation, ses guerres, massacres multiples de la France, des US et autres puissances coloniales dans leur volonté de domination impérialiste.

Sa pensée est moderne face à une colonisation nouvelle que nous appelons Globalisation.

Quelle place réservée aux populations autochtones (indigènes?) dans ce projet de pillage organisé avec le profit comme boussole des ressources de notre terre ?

Aucune.

Globalisation, destructrice de riches cultures, de « minorités » ethniques, écrasant par son idéologie dominante et totalisante, le Droit de ces mêmes Peuples .

Phénomène aux conséquences, elles aussi ravageuses, ici même dans nos pays riches, qui maintiennent ou recréent maintenant, par leur organisation et représentation sociale, un modèle néocolonial, facteur de divisions racistes, religieuses entre les plus pauvres au profit des dominants.

C'est de cela que Frantz Fanon nous parle ; Travail d'actualisation, porté par la fondation animé par sa fille Mireille Fanon-Mendès-France et mieux connaître son apport à la lutte contre le racisme et la liberté.

Frantz Fanon - (re-lire)

Mireille Fanon-Mendès-France est présidente de la Fondation Frantz-Fanon et experte aux Nations Unies.

Par ses écrits et par ses engagements, Mireille Fanon-Mendès-France lutte contre le racisme et le colonialisme, en défendant l’autodétermination des peuples.

La Fondation Frantz-Fanon est née de la pensée et de l’engagement anticolonial de Frantz Fanon, essayiste, philosophe, ethno-psychologue et psychiatre engagé contre les multiples formes d’oppression.

La Fondation Frantz Fanon est un lieu de mémoire, de rencontre et de réflexion de la pensée anticoloniale, ainsi qu’un lieu de partage et d’éducation populaire pour la construction d’une société internationale fondée sur la solidarité entre les peuples.

Mireille Fanon-Mendès-France œuvre au sein du groupe de travail sur les Afrodescendants au Conseil des droits de l’Homme de l’ONU.

Elle fait également partie de l’Association internationale des juristes démocrates et du Conseil scientifique d’ATTAC.

Frantz Fanon - (re-lire)

Critique du livre dans Babelio

"Aussi notre revendication est-elle d'emblée totale et absolue"

Dans son introduction, Mireille Fanon-Mendès-France souligne les raisons de « lire Frantz Fanon aujourd'hui », en insistant sur « le travail de déconstruction de l'ordre établi effectué par Frantz Fanon ».

L'auteure analyse, entre autres, les politiques néo-coloniales, la soumission des gouvernements nationaux corrompus, les formes de recolonisation, la recherche de boucs émissaires en France et l'actualisation des références coloniales, les stigmatisations essentialistes. Elle explicite la violence défendue par Frantz Fanon : « en tant que moyen ultime de reconquête de soi par ceux qui sont niés, exploités et réduits à l'esclavage » cette violence « est celle de la légitime défense des opprimés, qui subissent une violence encore plus grande, celle de la domination, de la dépossession et du mépris ».

Elle ajoute « Lire Fanon force à regarder cette réalité dans ses aspects les plus hideux, mais cette lecture fournit les instruments intellectuels nécessaires pour la déconstruire et l'expliquer ».

Les extraits proviennent d'un livre et de deux textes/interventions :

  • « Mésaventures de la conscience nationale » (extraits du chapitre 3 du livre Les damnés de la terre)
  • « Racisme et culture » (texte de l'intervention de Frantz Fanon au premier Congrès des écrivains et artistes noirs à Paris – septembre 1956)
  • « L'Algérie face aux tortionnaires français » (texte publié en septembre 1957)

Frantz Fanon souligne que la bourgeoise des pays décolonisées n'a ni l'ancrage économique ni la volonté politique pour se déployer comme force nationale, « incapable de dilater suffisamment sa vision du monde ».

Il souligne, entre autres, le « culte des produits locaux », le « transfert aux autochtones de passe-droits hérités de la période coloniale » comme signification des nationalisations, la place du tourisme comme « centres de repos et de délassement, des cures de plaisir à l'intention de la bourgeoisie occidentale » (et avec l'extension du tourisme de masse qu'il n'a pas connu, à l'intention d'une partie du salariat occidental), le « rôle de gérance des entreprises de l'Occident », la non modernisation de l'agriculture.

Ses analyses sur les transformations du nationalisme sont particulièrement intéressantes « du nationalisme, nous sommes passés à l'ultranationalisme, au chauvinisme, au racisme ». Il en est de même, sur l'abandon du combat pour l'unité de africaine ou sur la religion : « A l'intérieur d'une même nation, la religion morcelle le peuple et dresse les uns contre les autres les communautés spirituelles entretenues et renforcées par le colonialisme et ses instruments », sur le racisme intra-africain contre les Noirs ou sur le parti unique et son ethnicisation, sur l'armée, le culte du leader. Il oppose à cette bourgeoisie, le gouvernement « par le peuple et pour le peuple, pour les déshérités et par les déshérités » ce qui reste cependant très vague. Frantz Fanon analyse le racisme des groupes colonisateurs « Il n'est pas possible d'asservir des hommes sans logiquement les inférioriser de part en part ».

Le dernier texte concerne notamment l'usage de la torture. Des textes pour rappeler les nécessaires luttes d'indépendance, dont celle de la libération de l'Algérie contre les réécritures franco-nationales et reprendre les débats sur des apports et des limites des révolutions « anti-coloniales »…

http://www.babelio.com/

Tag(s) : #lecture

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