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Germanophobe non, réaliste oui

La crise grecque a eu pour « mérite » de voir ressortir au grand jour, un monstre que l'on croyait disparu, issu du XIXe siècle, l'impérialisme allemand, et sa volonté de domination politique et économique sur l'Europe.

Imposant sa discipline de fer monétariste rigide envers le Peuple Grec, l'Allemagne avec l'appui honteux de notre Président Hollande, appuyée par la Sociale Démocratie et les droites européennes, (chacun jouant sa partition « nationale ») ont imposé un "plan" drastique et incompréhensible (même pour le FMI), au détriment d'une construction européenne sociale sensée améliorer la vie des populations.

Cela a un nom l’« ordopolitique » (Ordnungspolitik) voir ci dessous l'article du Diplo.

Cure d'austérité à tout va, les plus fragiles n'étant pas les derniers à suivre Madame Merkel et son triste ministre Wolfgang Schäuble, priant le ciel que la "colère prussienne" ne leur tombe pas à leur tour sur la tête.

Pourquoi me direz-vous parler d'un sujet qui heurte nos consciences avec le goût amer de voir une remontée d'un anti germanisme puissant, des nationalismes obtus et toutes les conséquences qu'ils entrainent ?

Il faut donc réfléchir, s'informer et agir. Il en va de la démocratie et de nos acquis sociaux.

Un choix de société.

Leur faire confiance ??????
Leur faire confiance ??????

Pas contre le Peuple allemand mais contre la politique de ses dirigeants renouant inconsciemment, (dans le meilleur des cas), avec l'histoire allemande et sa politique de domination d'hier prolongeant celle d'aujourd'hui ?

Des alternatives existent mais ce n'est pas l'objet de cet article, mais intéressons nous à cette Révolution Allemande qui a échoué et l'on comprendra beaucoup de choses à sa lumière sur l'Allemagne.

Passionnant
Passionnant

Et comme souvent plusieurs sources d'informations se sont croisés.

Tour d'abord la lecture du livre de Chris Harman sur la Révolution allemande (1918-1923) *.

Un livre d'histoire accessible, écrit de manière journalistique, mêlant analyse, présentation des personnages et enjeux de l'époque, l'imbrication des conséquences de la guerre de 14 sur l'écroulement des empires, et la contagion révolutionnaire de l'URSS après la révolution de 17.

Et la volonté politique des vainqueurs (Traité de Versailles) de faire payer l'Allemagne coute que coute (sur le dos des travailleurs allemands) rappel aujourd'hui l'énergie d'en faire autant à la Grèce alors que, le seul pays européen à avoir pu annuler sa dette dans l'Histoire à deux reprises est l'Allemagne ?????

Causes conséquences et responsabilité politique de la Sociale Démocratie dans la vague contre- révolutionnaire (assassinat de Rosa Luxembourg et Karl Liebneckt) ;

  • écrasement des communes et régions révolutionnaires,
  • de la création d'une démocratie par les conseils d'ouvriers de soldats qui se développèrent à cette période.
  • répression mené par le SPD avec les Freikorps (milices d'extrême droite que le gouvernement utilisait pour massacrer les ouvriers en grève (dizaines de milliers de morts), de prisonniers politique cette de répression, accompagnant un chômage de masse, une inflation démentielle, la famine.

On comprend donc dans ce livre, l'articulation entre l'écrasement du mouvement ouvrier des militants communistes, anarchistes, syndicalistes révolutionnaires et la montée d'Hitler.

Lorsque la grande bourgeoisie n'aura plus besoin des services du SPD pour faire respecter son ordre économique, elle appuiera sans état d'âme le parti NAZI, permettant à Hitler (soutenu par l'aile droite du SPD) d'être chancelier et « rétablir légalement » l'ordre (?), le leur, avec toutes les conséquences que l'on sait.

L'histoire bégaie-t'elle ?

Autre lecture avec article économique publié par nos amis du Monde Diplomatique d'août 2015 sur le révélateur grec ** :

L’ordolibéralisme allemand, cage de fer pour le Vieux Continent

« Je me sens proche de l’ordolibéralisme allemand d’après-guerre », a déclaré le président du Conseil européen, M. Donald Tusk, à propos du dossier grec. Née outre-Rhin il y a huit décennies, cette forme continentale de néolibéralisme étend son influence.**

Chris Harman
Chris Harman

* Lecture la Révolution Allemande 1918-1923 :

Préface de Sébastian Budgen. Novembre 1918 :

à Kiel, les équipages des cuirassés hissent le drapeau rouge et de là, une vague révolutionnaire balaye l’Allemagne. Des conseils d’ouvriers et de soldats se forment dans tout le pays et au bout d’une semaine le leader spartakiste Karl Liebknecht proclame, depuis le balcon du palais impérial, la république socialiste allemande. Divisée dans ses organisations, la classe ouvrière est unanime sur un point : l’heure du socialisme est venue.

Commence alors un dur apprentissage : cinq années de crise révolutionnaire, de grèves et d’affrontements armés. Les révolutionnaires tardent à se détacher d’un parti socialiste puissant qui s’engage immédiatement dans la voie du maintien de l’ordre.

En janvier 1919, grâce aux Freikorps, mercenaires payés par la grande industrie, l’insurrection spartakiste est écrasée, Liebknecht et Rosa Luxemburg sont assassinés.

La révolution allemande va néanmoins se poursuivre pendant plus de trois ans, soulevant d’âpres débats jusqu’à Moscou, où les leaders du Komintern s’impatientent.

Ainsi alterneront des retraites à contretemps et des épisodes d’aventurisme extrême, pour finir en octobre 1923 par une défaite sans combat. Chris Harman retrace cette bataille charnière du xxe siècle avec la lucidité du militant révolutionnaire, acceptant l’héritage des vaincus dont les combats éclairent encore les nôtres.

Chris Harman (1942–2009), militant et écrivain britannique, est l’auteur de plusieurs livres sur l’histoire européenne du xxe siècle, comme Class Struggle in Eastern Europe, How Marxism Works ; Russia : How the Revolution Was Lost ; et A People’s History of the World, traduit en français aux éditions La Découverte (Une histoire populaire de l’humanité, 2011).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chris_Harman

Le vent se lève sur la Grèce éternelle !
Le vent se lève sur la Grèce éternelle !

Article Monde Diplomatique **

par François Denord, Rachel Knaebel et Pierre Rimbert, août 2015

Aperçu

« Si quelqu’un voulait encore une preuve du danger que font peser les référendums sur le fonctionnement des démocraties modernes, la voilà », fulminait le site de l’hebdomadaire Der Spiegel le 6 juillet 2015, après l’annonce des résultats de la consultation grecque.

La sidération provoquée en Allemagne par ce « non » retentissant s’explique par la collision frontale entre deux conceptions de l’économie et, plus largement, des affaires publiques.

La première approche, qu’incarnaient début juillet les dirigeants grecs, reflète un mode de gouvernement proprement politique. Le suffrage populaire prime sur la règle comptable, et un pouvoir élu peut choisir de changer les règles.

La seconde, à l’inverse, subordonne l’action gouvernementale à la stricte observance d’un ordre. Les politiques peuvent agir comme ils l’entendent pourvu qu’ils ne sortent pas du cadre, lequel se trouve de facto soustrait à la délibération démocratique.

Le ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble personnifie cet état d’esprit.

« Pour lui, les règles ont un caractère divin », a observé son ancien homologue grec Yanis Varoufakis (lire « “Leur seul objectif était de nous humilier” »).

Cette idéologie allemande mal connue porte un nom : l’ordolibéralisme. Comme les adeptes anglo-saxons du « laisser-faire », les ordolibéraux refusent que l’Etat fausse le jeu du marché. Mais, contrairement à eux, ils estiment que la libre concurrence ne se développe pas spontanément. L’Etat doit l’organiser ; il doit édifier le cadre juridique, technique, social, moral, culturel du marché. Et faire respecter les règles.

Telle est l’« ordopolitique » (Ordnungspolitik). L’histoire de cet interventionnisme libéral prend sa source dans le bouillonnement de l’entre-deux-guerres, il y a huit décennies. « Je suis né à Fribourg, confiait M. Schäuble en septembre 2012. Là-bas, il y a quelque chose qui s’appelle l’école de Fribourg. Cela a un rapport avec l’ordolibéralisme. Et aussi avec Walter Eucken. »

suite dans le Monde Diplo du mois d'aout...... il est encore temps de le lire. Instructif et ainsi par ces analyses cela prend un sens........

très dangereux, totalisant, nous menant droit dans le mur de Berlin ..... celui de l'argent ! (lol)

Tag(s) : #lecture

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