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Elser, un héros ordinaire

Après le Woody Allen et son "Homme irrationnel", voici un film sur un homme qui, lui, est très ordinaire : Georg Elser.

Reconnu bien tardivement comme résistant, ce héros anti-nazi, à partir de ses propres valeurs morales, en solitaire, étouffé par la brutalité du régime nazi soutenu par la complicité des populations, ne supporte plus la répression anti-ouvrière contre ses amis du Rote Front communiste. Il n'accepte plus cette société concentrationnaire qui est contraire à ses choix de vie et à sa liberté propre. Il décide donc d'en supprimer la tête.

Il fait exploser une bombe dans la brasserie Bürgerbräu à Munich où s'étaient réunis les dirigeants du parti nazi... mais Hitler ainsi que Goebbels, Himmler et Bormann ont quitté les lieux quelques minutes plus tôt. L'attentat est un échec.

Ne prenant aucune précaution en cherchant à fuir en Suisse, il est arrêté. Ici commence son calvaire.

Incompréhension des brutes soumises à l'ordre, aux idées racistes de cette société répressive, incapable de comprendre ou même d'imaginer qu'un individu fasse un choix personnel au nom de valeurs morales et humaines contraire à leur vision totalisante.

Comment ce modeste menuisier a-t-il pu commettre techniquement, sans aucune complicité, un tel crime de lèse majesté ?

Mais comment aussi Georg, pacifiste convaincu, a-t-il pu imaginer liquider Hitler sans faire d'autres victimes (8 morts en tout) ? Cette culpabilité est aussi un des intérêts du film.

Ce film réalisé par Olivier Hirschbiergel (réalisateur de "La chute", film décrivant la fin du IIIe Reich) rend justice à cet homme, à sa volonté de vouloir changer le cours des évènements, coûte que coûte, car il se doute par avance vers quelle apocalypse se finira l'aventure nazie : 55 millions de morts, une Allemagne écrasée sous les bombes, la Shoah.

Tag(s) : #cinéma

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