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Nous sommes de toutes les couleurs. Humains, simplement !
Nous sommes de toutes les couleurs. Humains, simplement !

Intervention de notre ami André Rousseau co-président du MRAP 33 au colloque de Science-Po sur la xénophobie au Musée d'Aquitaine à Bordeaux.

ll s'est tenu le 12 novembre 2015, la veille des attentats, qui, on vient de le voir à ce premier tour des élections régionales, ont polarisé les peurs et le rejet de l'Autre, nourri par des analyses irrationnelles, permettant ainsi toutes les manipulations politiques de gauche et de droite pour mieux récupérer les "votes de frayeurs et fermetures" de nos concitoyens.

Intéressante analyse, utile historiquement au combat contre touts les intolérances. Figures, évolutions et continuité de la xénophobie en France

Un droit de réponse ????
Un droit de réponse ????

A la suite de l'article sur l'origine de la xénophobie, le MRAP "parisien" nous a envoyé une mise au point ??? sur l'intervention d'André Rousseau vice président du MRAP Gironde à Science Po Bordeaux.

Rappelons que son intervention faite la veille des attentats du 13 novembre m'était apparue fort opportune comme outil de réflexion à apporter aux lecteurs du blog.

Tel ne semble pas le choix du "Bureau politique" des présidents du MRAP, qui non seulement demande un droit de réponse à cet article par lettre recommandée à l'appui, datée du 4 février.

Ce blog de l'assopourquoipas33 exprime toutes les diversités et opinions dans le respect de la pensée de chacun pourvu qu'elle respecte celle des Droits de l'Homme.

Donc je publie leur mise au point tout en trouvant le procédé désagréable. Elle révèle qu'elle est plus une injonction qu'une ouverture au débat. On ressent à la fois la pensée unique et le règlement de compte interne à cete organisation, tout en laissant penser que nous graduerions dans nos convictions antiracistes minorant l'antisémitisme alors que notre action ici à Bordeaux a été soutenue, aussi bien par le MRAP33, Sortir du Colonialisme, la LICRA, SOS racisme, la LDH, la municipalité de Bordeaux de nombreux élus du PS, NPA, EELV, et du Front de Gauche etc.

Le blog leur est ouvert en permanence car il défend le Vivre Ensemble !

J'obéis donc à cette injonction, en regard au respect que je porte aux anciens militants du MRAP, côtoyés à Paris hier et aujourd'hui à Bordeaux, tout en considérant que cela ne relève pas de notre conception du débat fraternel.

Enfin je voudrais dire aussi que connaissant mon ami André Rousseau, je ne le vois pas comme moi, minorer l'antisémitisme dans son combat contre le racisme, ne pas opposer celui-ci à toutes les formes de rejet de l'Autre.

Bordeaux le 10 février 2016

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Le Mouvement contre le Racisme et pour la Paix
43 boulevard Magenta
75010 Paris
à Monsieur Jean-Pierre Lefèvre
coordonnateur de assopourquoipas33.
Monsieur,
Vous avez publié sur le blog de votre association une intervention faite au nom du MRAP33 lors d’un séminaire intitulé « la Fabrique de la Xénophobie. » organisé le 12 novembre 2015 au musée d’Aquitaine de Bordeaux par le Laboratoire « LAM » rattaché au CNRS et à Sciences Po Bordeaux.
Cette intervention intitulée "Figures, évolutions et continuité de la xénophobie en France » est accessible par le lien
http://assopourquoipas33.over-blog.com/2015/12/contribution-du-mrap-sur-l-origine-de-la-xenophobie.html
Le MRAP, organisation nationale et ses comités présents sur tout le territoire National sont engagés dans la lutte contre toutes les formes de racisme. Ils récusent leur hiérarchisation ainsi que le MRAP l’a rappelé lors de son Congrès d’octobre 2015 qui précise que « le racisme est un et indivisible bien que ses formes soient multiples et souvent liées entre elles ».
Cela signifie en particulier que le MRAP ne peut partager les propos tenus lors de ce séminaire qui estiment que "L’antisémitisme demeure néanmoins marginal malgré les efforts du CRIF et de la LICRA, appuyés par le gouvernement (cf. les positions de la DILCRA)".
Après la tuerie antisémite de l'école juive Ozar Hatorah à Toulouse, celle du musée juif de Bruxelles et celle du supermarché casher porte de Vincennes à Paris, et alors que les actes antisémites se sont multipliés comme les actes islamophobes et anti-roms, la réduction de l’antisémitisme à un « racisme limité » et « marginal » conduit à une forme de négation de la réalité dramatique de cette forme de racisme.
L'antisémitisme dont « on parle beaucoup » serait le fruit d’efforts du gouvernement israélien, du CRIF de la LICRA ou de la DILCRA. Selon ce retournement de causalité le racisme antisémite serait une conséquence d’une propagande des juifs eux-mêmes ou de ceux qui sont supposés les soutenir.
À l'heure ou les actes racistes multiformes se multiplient, visant les populations arabo-musulmanes, africaines, roms, musulmanes ou juives, cette sous-estimation de l'une de ces formes de racisme, réduite à un fait marginal s'inscrit dans une concurrence des racismes totalement étrangère aux orientations du MRAP.
Nous vous demandons donc de faire apparaître sur votre blog, dans vos comptes rendus de ce séminaire, ce rappel des orientations fondamentales du MRAP.
Veuillez agréer, Monsieur, nos salutations antiracistes.
Paris le 6 janvier 2016
Pour le MRAP, les présidents
Jean-Claude Dulieu, Augustin Grosdoy, Renée Le Mignot
 
 
  -- envoyé par Présidence du MRAP (presidence@mrap.fr)
Contribution du MRAP33 sur l'origine de la xénophobie

Intervention d'André Rousseau

" En préambule, il me paraît important de préciser certaines notions d’un point de vue sémantique et historique.

Le mot xénophobie, du grec xenos, étranger, et phobein, craindre, couramment utilisé actuellement, daterait du début du 20ème siècle. Il aurait été créé par Anatole France à la suite de l’affaire Dreyfus. Ce mot, bien que récent, qui exprime en fait la stigmatisation de l’étranger, celui qui n’appartient pas à la communauté, l’Autre, englobe un concept existant depuis au moins le néolithique, période de sédentarisation des communautés humaines, du moins celles de l’homo sapiens, avec le développement de l’agriculture et d’une vie sociale ponctuée de conflits armés, avec des flèches et des pointes dont le but était à la fois la chasse et la guerre, comme le suggèrent les fossiles d’individus blessés. Ce concept de « crainte » des étrangers – voire de haine des étrangers – a perduré dans les civilisations mésopotamiennes, romaines et grecques. Ces étrangers sont les « barbares » des auteurs de ces époques. Il y a donc une continuité conceptuelle étonnante jusqu’à maintenant de ce rejet des autres dans une partie des populations actuelles.

A ce propos, il est assez piquant de noter que l’extrême droite française se réfère à la Grèce antique, et non à la Rome antique, car cette dernière pouvait affranchir des esclaves, souvent « butin de guerre », donc étrangers, qui devenaient alors des membres à part entière de la communauté.

Rapport avec le racisme

Certains textes utilisent indifféremment xénophobie et racisme, d’autant que ce dernier substantif a longtemps été seul à exprimer un rejet de l’autre. En fait ces deux concepts expriment des ensembles conceptuels différents avec une partie commune.

La différence essentielle réside en ce que le concept de racisme se rapporte à une entité qui n’existe pas, la race, puisque les hommes actuels appartiennent tous à la même espèce homo sapiens, ce que confirme la biologie moléculaire, alors que la xénophobie se rapporte à une réalité, l’au-delà des frontières. La partie commune est constituée, par exemple, quand le rejet de l’étranger se confond avec une race présumée, telle qu’une couleur de peau différente. Mais il est évident que ce concept est bancal, puisqu’il allie du réel et du virtuel.

Bases de la xénophobie en France

Déterminée par le rejet d’un groupe étranger où d’une ethnie concurrente, la xénophobie est connue sur notre sol depuis au moins les Gaulois, dont l’histoire rapporte les divisions et les luttes fratricides avant l’invasion de la Gaule par les légions romaines de César.

Au Moyen Âge, la xénophobie a pris plusieurs visages :

  • elle est concomitante avec la division des territoires européens en duchés et autres seigneuries qui se font la guerre,

  • elle intègre une dimension religieuse anti-musulmane avec les Croisades par rapport aux « lieux saints »,

  • enfin, elle a une très forte composante antisémite, faisant des communautés juives des soi-disant « responsables de la mort du Christ », lesquelles communautés ont immigré suite notamment à l’expulsion d’Espagne en 1492 par Isabelle la Catholique. Les autorités les rendent responsables des malheurs comme les épidémies, les guerres, ce qui permet aux rois endettés de leur ravir leurs biens…

Evolution de la xénophobie en France

Curieusement, malgré la Révolution de 1789 et la déclaration des droits de l’Homme, ces différentes composantes de la xénophobie ont perduré jusqu’à maintenant, la continuité étant plus ou moins effective selon l’état de guerre et l’économie du pays, avec des variations d’intensité liées aux conflits avec les pays environnants et aux immigrations. En revanche, le racisme basé sur la couleur de peau a, lui, été constant dans le temps, du moins jusqu’à une époque récente.

Ainsi, quels sont les types de xénophobie que l’on peut identifier actuellement en France et quels en sont les soubassements ? Notons que certaines populations subissent plusieurs types de xénophobie, dont l’intensité varie selon les périodes.

  1. Voyons d’abord la xénophobie sensu stricto que je caractériserai par l’absence de composante « raciale » ou religieuse :

  1. C’est le cas de celle qui est consécutive à un état de guerre, avec notamment l’occupation du territoire national, comme ce fut le cas particulier à l’égard des ressortissants allemands chez les français qui ont connu les deux dernières guerres. C’est un cas en voie de disparition (notamment chez les nouvelles générations). Je signalerai à ce sujet le désarroi des français cultivés, très germanophiles, lors de la guerre de 1870 avec la Prusse de Bismarck, et les stupidités anti-germaniques de certains écrivains français après la guerre de 1914.

  1. Examinons maintenant la xénophobie liée aux difficultés économiques.

    • Il y a celle qui est intervenue au début du 20ème siècle à l’égard de la main d’œuvre immigrée, embauchée dans les mines (les polonais), dans le bâtiment (les italiens, portugais, espagnols), dans la métallurgie comme l’automobile (les portugais, turcs), à la suite de la pauvreté dans les pays respectifs. C’était une immigration blanche, latine et chrétienne, « assimilable » notamment par le mariage ; ces populations sont à l’heure actuelle pratiquement assimilées, et ce type de xénophobie a disparu.

    • Mais elle est maintenant remplacée par celle qui fustige les « travailleurs détachés » qui viennent d’Europe de l’Est. Ces derniers permettant aux chefs d’entreprise de diminuer la masse salariale par des astuces sur les cotisations sociales, ils sont vus comme créateurs de chômage.

  1. Voyons la xénophobie à caractère raciste (couleur de peau et/ou culture différentes)

  • La plus caractéristique actuellement et la plus puissante (voir les réseaux sociaux) apparaît être celle qui englobe le racisme anti-arabe et l’islamophobie, que l’on confond médiatiquement. En effet, cette xénophobie ne concerne pas seulement la religion mais aussi un type humain (le « faciès d’arabe », la langue, le mode de vie – pas de porc, le port du voile qui n’est pas forcément religieux, les noms…etc.).

  • Dans la même catégorie, la xénophobie anti-arabe qui concerne les algériens est, sans conteste, consécutive à la propagande de stigmatisation intense diffusée pendant la guerre d’indépendance algérienne dans les années 50-60 et elle s’est étendue à tout le Maghreb. C’est elle qui, en perdurant jusque dans les années 80, laissera la place à cette islamophobie où l’accent a été mis sur affaire du voile en 1989, et sur la lutte contre les Talibans, lors de l’invasion de Afghanistan.

    • Le qualificatif infamant (et fumeux) de terroriste a alors été utilisé et il tend à s’étendre maintenant à tous les arabes et musulmans, vus comme un ensemble hostile, engendrant cette islamophobie croissante avec l’aggravation de la situation au Moyen Orient et au Machrek. Ceux qui se retrouvent dans un intégrisme chrétien poussent à la confusion islam-islamiste-terrorisme, largement répandue sur internet. Ce cas de xénophobie est en France le plus inquiétant, en ce qu’il peut être à la source d’une nouvelle guerre de religion. Notons l’instrumentalisation de la laïcité détournée des principes de la loi de 1905 à des fins, concrètement, à caractère raciste.

    • Le cas des noirs africains est celui qui recouvre le mieux racisme et xénophobie. En effet, c’est très nettement la couleur de peau qui génère ces deux concepts, dans la plus pure ligne coloniale du 19ème siècle, même si les antillais noirs sont français. Des grands intellectuels comme Cuvier, le paléontologue, ou jules Ferry, expliquaient doctement que les noirs étaient des sous-hommes. Cette analyse a perduré en France après la seconde guerre mondiale, caractérisée par le « musée colonial » de la Porte Dorée à Paris, baptisé plus tard « musée d’Outre mer », mais qui avait servi lors de l’exposition universelle de Paris en 1936 à exposer des noirs dans des cages comme des animaux de zoo. On peut en voir une dénonciation actuellement à Bordeaux, dans le cadre de la semaine anticoloniale avec l’histoire du « Clown chocolat », émigré cubain du début du 20ème siècle, appelé « chocolat » à cause de la couleur de sa peau, danseur exceptionnel qui fit les beaux jours du cirque installé aux Quinconces et mort dans l’indifférence. L’assopourquoipas33 avec le soutien de « sortir du colonialisme 33 », dont la MRAP33 fait partie, a réalisé un court métrage consacré à sa vie et va lui permettre d’avoir une plaque mémorielle digne au cimetière protestant.

    • une cérémonie officielle est prévue le 6 février 2016 à 11 h au cimetière protestant rue Judaïque.

    • Parmi les victimes de la xénophobie raciste à caractère culturel, on trouve les gens du voyage, les tsiganes (qui sont d’ailleurs français pour la plupart) et les Rroms, ces derniers, européens, fuyant une misère extrême. Ces deux dernières catégories connaissent une xénophobie dont l’intensité devient inquiétante.

    • Enfin, j’évoquerai l’antisémitisme : c’est typiquement un racisme limité de nos jours – même si on en parle beaucoup - et il est d’essence confessionnelle. Il est surtout évoqué par une partie de l’extrême droite et ceux qui assimilent banquiers et finance internationale ! Cependant, il est pollué par la propagande du gouvernement israélien et de ses soutiens, qui cherchent à créer un climat de tension envers la communauté juive pour la faire émigrer en Israël. L’antisémitisme demeure néanmoins marginal malgré les efforts du CRIF et de la LICRA, appuyés par le gouvernement (cf. les positions de la DILCRA) qui affirment que la France est antisémite, ce qui est à comparer avec les revendications islamophobes à la télévision de Houellebecq, prix Goncourt, et récemment de l’actrice Véronique Genest, sans être punies par la loi.

  1. Cas particulier, actuel, la « xénophobie d’Etat ».

Avec l’afflux nouveau des migrants venant du Machrek vers l’Europe, s’ajoutant aux migrants d’origine africaine, que ce soit pour des raisons d’état de guerre ou de survie dite « économique », on a vu apparaître ce que j’appellerai la « xénophobie d’Etat ». Que ce soit sous sa forme brutale, comme en Hongrie, ou hypocrite, comme en France, où le gouvernement fait agir toutes les barrières légales pour refuser au maximum de ces malheureux le droit asile. Comme conséquence directe, cette politique encourage un large panel politique à assimiler cette immigration à une invasion, notamment « islamiste », développant ainsi ce vaste courant islamophobe, fructueux pour l’extrême droite.

Xénophobie et politique

Quelle analyse politique de ces éléments ?

Si l’on observe un recul majoritaire – en dehors de la droite extrême - des concepts d’infériorité et de « sous-humanisme » des populations de couleurs, le contexte de « crise économique » tend à exacerber la xénophobie sous une autre forme, celle d’un « choc des cultures et des civilisations », cher aux néo-conservateurs américains et aux politiciens néocolonialistes.

En effet, ce « dérèglement migratoire » actuel est la conséquence directe d’une politique économique internationale, que je n’appellerai pas « mondialisation », car ce terme ne veut rien dire : les relations internationales entre les hommes ont existé dès l’antiquité (cf les grandes routes commerçantes des caravanes utilisées par les populations nomades), les échanges sont maintenant plus rapides : le temps a « raccourci » !

Il y a deux grandes raisons actuellement qui poussent des populations à quitter leur pays, leurs familles, leurs habitudes…

  1. L’état de guerre est la plus évidente : mais, ne sont-ce pas les anciens états coloniaux, européens et nord-américains qui alimentent les guerres au Moyen-Orient, en Irak, en Syrie et en Afghanistan ? L’appropriation des ressources naturelles de ces pays, notamment le pétrole, est la raison de ces interventions armées, directement ou indirectement. Le cas de la Syrie est emblématique quant à la perpétuation de la guerre actuelle. On pourra en discuter.

  1. Les raisons économiques sont encore plus graves. En effet, particulièrement en Afrique noire, le déversement des produits agricoles européens, de mauvaise qualité, mais à des prix trop bas par rapport aux prix des produits locaux, entraînent le chômage et la désertification de régions entières. Les populations locales, pour survivre ne peuvent qu’émigrer chez ceux qui les affament, à savoir ceux qui pratiquent la politique agricole européenne.

Il faut donc trouver des boucs émissaires et inciter au repli sur soi. Ainsi, pour conjurer les peurs des étrangers et de leur « invasions », particulièrement sur internet et les réseaux sociaux, certains veulent « protéger » la « pureté identitaire », comme l’Europe blanche et chrétienne par exemple, en développant une politique nationaliste, au sens anti-internationaliste. En contrepoint, d’autres incitent les populations stigmatisées au repli communautaire au sein d’associations dont les deux principaux objectifs sont d’éviter tout front commun politique et de mettre en cause le pouvoir politique.

En fonction des rapports de force économiques et entre dominants et dominés, les boucs émissaires accompagnés de leurs clichés sont les suivants : les juifs sont des banquiers, les Rroms et les gens du voyage, des voleurs, et les arabes des agresseurs. Si cela caractérise le discours de la droite extrême, il existe aussi un racisme d’Etat institutionnalisé, comme le confirment la phrase de Manuel Valls sur les Rroms qui « ont vocation à rentrer dans leur pays » et celles de Sarkosy-Guaino qui disent que « l’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire » et que, concernant les africains, « dans (leur) imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine ni pour l’idée de progrès ». D’autre part, distinguer les étrangers assimilables des non assimilables, rechercher une « immigration choisie » en fonction des besoins immédiats des milieux industriels, c’est refléter un utilitarisme digne d’une xénophobie d’Etat.

Conclusion

La xénophobie, en France, a des racines profondes dans son histoire, se confondant avec le racisme anti-noirs, antisémite, et elle se développe sur la base des conflits actuels au Moyen Orient et au Machrek, avec une composante religieuse, l’Islam, alimentant une islamophobie particulièrement marquée à Droite et à l’Extrême Droite, mais elle est également banalisée dans la société par les medias, des intellectuels et des hommes politiques.

Les Rroms, populations européennes de l’est de l’Europe (roumaines et bulgares) sont non seulement victimes de xénophobie, mais subissent aussi directement la xénophobie d’Etat.

C’est pourquoi le MRAP, qui considère les différentes cultures comme une richesse, demande une « directive cadre européenne » pour lutter contre la xénophobie."

André Rousseau

co-président du MRAP 33

Tag(s) : #lecture

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