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L'hermine de Christian Vincent

Pour se changer les idées allez au ciné !

Si ce n'est déjà fait allez voir l'Hermine, film, délicat et violent, à mi chemin entre un documentaire sur la misère sociale dans ce Nord ou la pauvreté transpire, donnant lieu à des drames humains, familiaux sur fond de chômage, d'alcoolisme, de précarité, un univers à la Zola en plein 21è siècle et une comédie sentimentale.

Il laboure les terres déjà empruntées par Emmanuelle Bercot avec Catherien Deneuve : La Tête haute.

Comment faire appliquer le droit dans ce monde injuste ? Un docu-fiction sur le fonctionnement de cette Justice. Sa mise en scène théâtrale et l'application des codes d'un tribunal aujourd'hui en France.

Rendre la justice ou appliquer la loi en toute indépendance ?

Mais dire cela c'est ne pas saisir l'humanité qui traverse ce film. Comment naissent les histoires d'amour ?

L'attirance, la perméabilité à l'autre ou il suffit parfois d'un geste d'un regard, d'un effleurement pour que le soleil revienne illuminer ces visages et les drames de la vie.

Comment la compréhension, un nouveau regard sur la souffrance peut vous sortir d'un détachement "administratif" et découvrir au fond comment chacun d'entre nous peut (et doit) y prendre sa part.
Mais dire cela serait peut être peut être vous détourner d'un film très important réalisé par Christian Vincent (la Discrète déjà avec un Fabrice Luchini), pour moi le film français (je sais ça ne veut rien dire) de l'année.

Mention à tous les acteurs.

L'Hermine est un film de Christian Vincent avec Fabrice Luchini, Sidse Babett Knudsen

Critique de Télérama

LA CRITIQUE LORS DE LA SORTIE EN SALLE DU 18/11/2015

Christian Vincent retrouve Fabrice Luchini, vingt-cinq ans après La Discrète.Encore un film sur l'éloquence, au service de la justice cette fois-ci : le comédien interprète Michel Racine, un magistrat redouté et implacable, surnommé « le Président à deux chiffres » parce qu'il ne fait jamais condamner à moins de dix ans. Un procès s'ouvre sur un infanticide. Dans le box des accusés, le père, soupçonné d'avoir tué son bébé à coups de Rangers dans la tête. Et qui refuse de répondre aux questions, répétant juste en boucle qu'il est innocent... Les jurés de diverses classes sociales qui font connaissance, la tension et la solennité d'une audience de cour d'assises, tout est reconstitué avec soin et réalisme. Pas d'à peu près, ni de vision caricaturale comme souvent, mais un regard précis sur tout ce qui se joue, tant dans le prétoire que dans les coulisses. Parallèlement au procès se développe aussi une autre intrigue : une histoire d'amour. Car, heureux hasard, Michel Racine retrouve dans le jury une femme, médecin clinicien, qu'il a naguère aimée, plus ou moins secrètement. Ces retrouvailles transforment le monstre froid, l'humanisent.

Cette conversion du magistrat paraît un peu simplette. Sur un plan plus intime, on perçoit une émotion sensuelle, électrique, dans les paroles et les regards échangés au café par le juge et la jurée. Les comédiens y sont pour beaucoup. De Sidse Babett Knudsen, l'actrice danoise révélée par la série Borgen, émane une séduction solaire, tant charnelle qu'intelligente. Luchini, lui, confirme sa tendance, depuis plusieurs films, à intérioriser son jeu. Il dose tout avec subtilité, désormais : l'aigreur comme la renaissance, l'aplomb comme la fragilité. Le prix d'interprétation qu'il a décroché à la Mostra de Venise arrive, pour lui, à point nommé. — Jacques Morice



Jacques Morice

Tag(s) : #cinéma

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