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le vapor MENDEZ NUÑEZ sur lequel d'après Gérard Noiriel,  Rafael effectua sa traversée
le vapor MENDEZ NUÑEZ sur lequel d'après Gérard Noiriel, Rafael effectua sa traversée

On se rappelle que Rafael fut vendu à la Havane au Señor Nicolàs Castaño Capetillo,

Ce señor Castaño, émigré à Cuba, avait réussi dans le système colonial et la société esclavagiste de l'époque.

Très gros et riche planteur de canne à sucre, ses propriétés étaient situées à proximité du port de Cienfuegos (idéal pour l'exportation de sucre).

Il y fit fortune.

Localisation du village de Sopuerta.
Localisation du village de Sopuerta.

Pour Rafael, destination la ferme familiale des Castaño, située à Sopuerta en Biscaye, à quelques kilomètres de Bilbao.

C'est dans cette ferme, comme le rappelle l'historien Gérard Noiriel, que Rafael connut les pires conditions, humiliations raciales et un grand isolement.

Certes, il n'était plus esclave, il était devenu domestique, un « criado ».

Franchement, pour lui quelle différence ?

Solidarités et la fraternités prolétariennes
Solidarités et la fraternités prolétariennes

Pourtant, ce changement de statut lui permit, dès qu'il le put (il devait avoir entre 12 et 14 ans) de s'enfuir de la ferme et des humiliations.
Le village de Sopuerta étant situé en pleine zone d'exploitation de mines de fer ; c'est là qu'il y trouva un « refuge » et son premier salaire.

Assez paradoxalement, en brisant les "chaines de l'esclavage », il trouva dans ce nouvel emploi celles de l'exploitation ouvrière.
Les deux faces d'une même pièce.

Des usines près de Portugalete en 1880
Des usines près de Portugalete en 1880

Dans cette nouvelle vie, il découvrit aussi les solidarités et la fraternité prolétarienne, car nous le verrons plus bas, cette « ceinture de fer » entourant Bilbao fut un creuset des luttes sociales en Espagne.

Il faut se rappeler que l'exploitation des mines n'était pas réglementée, (moyenne de vie des esclaves, pardon des ouvriers : 20 ans ???).

Rafael aura donc connu et supporté ces deux systèmes.

 Le clown Chocolat enfant : mineur de fer

L'horreur et la brutalité des conditions de travail, la proximité du sieur Castaño et la peur d'être dénoncé comme étant en fuite, expliquent son arrivée à Bilbao.

Il y survivra de petits boulots (groom, porteur de valise).

Là, il sera reconnu comme il l'avait déjà été dans les mines par sa force, son caractère aimable, ses talents de danseur.
C'est ainsi que le clown Tony Grice, de passage en août 1886 à Bilbao (Rafael a environ 16 ans), l'engagera.

Rafael troquera son surnom "El rubio" de Bilbao, bientôt, par celui de Chocolat à Paris, imposant ensuite avec talent le nom de Clown Chocolat.

Mais c'est une autre histoire...

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