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Robespierre : Discours sur la religion, la République, l’esclavage.

Et si on parlait de Robespierre.

Pour beaucoup il est le père de tous les maux, le responsable des totalitarismes, sa pensée, le creuset de toutes les dictatures. Un peu court mais pratique pour justifier l'asservissement à l'Ordre dominant.

Le trait est grossier mais repose sur une réalité couramment admise.

Il est vrai que la réécriture de l'Histoire aux yeux et avec les connaissances d'aujourd'hui, processus bien connue de l'uchronie, est un exercice qui a pris son envol avec l'arrivée des "nouveaux philosophes" à la fin des années 70, qui avaient beaucoup à se faire pardonner, entre autre leur passé de mao-stalinien habillé par leur propre égo.

Hurlant donc leur dénonciation pécheresse contre les totalitarismes (communistes), jetant ainsi le "bébé avec l'eau sale du bain" comme le disait le camarade Lénine.

Dénoncer le totalitarisme quand on est de gauche c'est une évidence, mais c'est aussi combattre tous les systèmes par essence antidémocratiques.

L'époque était marquée par les résidus de la Guerre Froide, imposant une vision politique binaire dite des blocs. Marqué par les guerres anticolonialistes (défaite des US au Vietnam), la montée des luttes sociales et démocratiques réelles en Europe de l'Ouest (Portugal, Espagne, Italie, France) et de l'Est Pologne, Tchécoslovaquie. Le Monde occidental était bien secoué par cette montée des luttes et leur volonté de coordination avec le risque pour l'impérialisme de les voir se cristalliser pour le renverser.

Eux, ces intellectuels par leur choix, ont clairement choisi de cibler les pays du "socialisme réels" dans leur dénonciation, permettant ainsi à la droite, et son extrême de leur embrayer le pas pour faire oublier ses origines factieuses (OAS) et collaboratrice (Pétain) et de légitimer un discours autour d'un "ordre naturel" ???? immuable et qu'en changer conduirait à la dictature.

Robespierre défini clairement ces "hommes" de lettre ainsi :

"Ils étaient fiers dans leurs écrits et rampants dans les antichambres."

Robespierre : Discours sur la religion, la République, l’esclavage.

Oui ce livre sur Robespierre, "Discours sur la religion, la République, l’esclavage"* contient des pépites éclairant ses choix politiques sur ces trois sujets .
Un ouvrage qui reste actuel tout en tordant le cou (sans mauvais je de mots) aux idées reçues sur son rôle dans la Terreur, position qui masque ses prises de positions idéologiques de fond et éclairantes sur ces sujets.

Un style des phrases qui raisonnent encore et sont au coeur des enjeux et débat autour des croyances religieuses et République, ce qu'elle accorde et garantit à ses citoyens dans la tolérance et le respect de chacun et ou la justice sociale et l'entraide sont les axes de son discours.

Pour mieux comprendre la fête de l'Être suprême, des commémorations nationales dans le discours de Robespierre on relit son discours contre l'athéisme et qui devrait en surprendre plus d'un :

Condamnation de l'athéisme

On a supposé qu'en accueillant les offrandes civiques, la Convention avait proscrit le culte catholique : non la Convention n'a point fait cette démarche et ne le fera jamais; son intention est de maintenir la liberté des cultes qu'elle a proclamée.
Il est des hommes qui veulent aller plus loin; qui, sous le prétexte de détruire la superstition, veulent faire une sorte de religion de l'athéisme lui-même.
Tout philosophe, tout individu peut adopter là-dessus l'opinion qui lui plaira; quiconque voudrait lui en faire un crime serait insensé; mais l'homme public, mais le législateur serait cent fois plus insensé qui adopterait un pareil système.
La Convention nationale l'abhorre : elle est un corps politique et populaire; l'athéisme est aristocratique. L'idée d'un grand être , qui veille sur l'innocence opprimée et punit le crime triomphant, est toute populaire. Le peuple, les malheureux m'applaudissent; si je trouvais des censeurs, ce serait parmi les riches et parmi les
coupables.

J'ai été, dès le collège, un assez mauvais catholique; mais je n'ai jamais été ni un ami froid ni un défenseur infidèle de l'humanité : je n'en suis que plus attaché aux idées morales et politiques que je viens de vous exposer.
Si Dieu n'existait pas, il faudrait l'invent
er.

* Un petit livre de poche ( €) paru dans la collection l'aube poche

Tag(s) : #Débats et réflexions ouvertes

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