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Les commerces du Canon au Cap Ferret dans les années 60
Les commerces du Canon au Cap Ferret dans les années 60

La mort du prêtre Jacques Hamel, ne peut laisser personne indifférent (voir le précédent article qui lui a été consacré http://assopourquoipas33.over-blog.com/2016/07/se-taire-ou-dire.html).

Est ce l'âge, la conviction l'ouverture d'esprit de ce prêtre issu d'une paroisse ouvrière comme on le disait quand j'étais jeune, qui m'a rappelé un autre curé ; le père François du Plessis, * Un prêtre ouvrier qui a vécu sa foi, ses engagements et sa vie auprès des plus démunis. De son engagement dans la résistance dès 1943, à Issy les Moulineaux puis à Vanves en banlieue parisienne ou il a continué sa mission au service des pauvres.

Je l'ai fréquenté enfant en 1961/62, lors d'une mémorable colonie de vacances passée au Cap Ferret, colonie qu'il avait fondé avec une énergie qui étonnait le petit garçon que j'étais et qui m'a influencé et m'influence encore.
Ce grand résistant accueillait dans sa colonie tous les enfants riches ou pauvres, surtout pauvres de sa paroisse. Cette année là, en pleine guerre d'Algérie, elle était ouverte aux enfants algériens, orphelins des suites de la sale guerre.

http://www.tvba.fr/videos-2/societe/lege-cap-ferret-vacances-arbousier-hommage-francois-plessis-2014.html

Souvenir de colo au Cap Ferret, un plein d'aventures, de rencontres, des moments de libertés, de discussions libre sur le sens de la vie, de solidarité avec la lutte du peuple algérien, de la bienveillance des grands avec les petits, d'apprentissages divers, souvenir d'un camping sauvage le long du canal et sur le Bassin, de baignades dans l'Océan après des marches (un peu éprouvante) en pleine forêt ou nous portions le pique-nique, la boisson de la journée marchant sur une piste bétonnée, vestige du Mur de l'Atlantique, et cet incendie entourant notre camp et notre détermination en pleine nuit à le combattre avec les pompiers, armée déterminée de jeunes, dessinant une noria de bras portant des bassines, casseroles pleines d'eau pour aller sur les flammes combattre ce feu.

Odeurs de pin, rires, échanges sérieux, pleurs, nostalgie des parents tout cela orchestré par une dynamique entraînante des monos, eux mêmes motivés par le père François du Plessis.

J'ai eu des nouvelles de ses activités militantes plus tard, auprès des femmes de Gennevilliers par l'intermédiaire de camarades du Planning Familial, dans le syndicat ou ils continuait sa mission comme prêtre ouvrier.

Depuis notre arrivée à Bordeaux, je recherche le lieu ou j'ai passé ces vacances, fondatrices de mes futurs engagements.

En 50 ans, le "Cap" a beaucoup changé mais ainsi j'ai aujourd'hui ma réponse concernant le lieu et le nom de la colo : Il s'agissait du centre de vacances L’arbousier, à Jane de Boy, entre Bassin et Océan, un lieu qui a bien changé aujourd'hui.

Souvenirs, souvenirs ......

Ordonné prêtre en 1943, François du Plessis était un homme d'écoute et d'ouverture.

« Disponible pour chaque appel, il se montrait étonnamment capable d'y répondre, ignorant langue de bois et tout conformisme. Sa vie a ressemblé à un roman de cape et d'épée : aumônier d'un Chantier de la Jeunesse de Vichy ou d'un maquis de la Résistance, professeur de séminaire, vicaire dans des quartiers populaires, à la fois ouvrier-ajusteur et premier « curé » de son église de quartier « Notre Dame des Pauvres »…

il a également été visiteur de prison pendant vingt ans. Ses luttes pour un monde plus fraternel ont toujours été soutenues par une foi vive et, quand il parlait de spiritualité ou de religion, on percevait derrière son propos l'authenticité et le vécu. C'est pour cela qu'on l'écoutait ou qu'on le lisait toujours avec intérêt »

témoignent ceux qui l’ont connu. Un prêtre haut en couleur qui ne laissait pas indifférent, accusé dans les années 68 d’entretenir la flamme révolutionnaire des jeunes lycéens de Michelet par les élus de Vanves et les autorités du lycée, avec l’aumonier d’alors, le pére Froissard. Il avait raconté sa vie dans un livre d’entretien avec son ami Jean-Robert Quéro qu’il avait présenté chez les Sœurs Bénédictnes de Vanves en Juin 2007 où il avait retrouvé les anciens de Notre Dame des Pauvres, de l’Arbousier, d’Arés et de tous ceux dont la vie avait croisé son chemin. Il avait pris le tempsde s'interroger dans ce livre ( « Parcours de ma vie »), sur tout ce qui a marqué et compté dans sa vie.

Tag(s) : #Infos et divers

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