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J'étais petit, j'étais mino,

j'me rappelle de ces salauds

qui nous tiraient tous dans le dos.

Flics, OAS, Papon fils de Pétain,

unis contre le droit des algériens,

les massacraient, ces fellaghas,

pour maintenir l'ordre dans leurs colonies. 

 

J'étais petit, j'étais mino,

mais j'me rappelle dans le métro,

Charonne, la répression d'Octobre

les morts noyés dans la Seine,

les attentats, la peur, le sang, nos peines.

contre leur crimes, au cœur même de Paris.

 

J'étais petit, j'étais mino,

et j'me rappelle du populo

manifester contre la mort 

sous les coups, la haine des militaires

Contre la guerre, la conscription et la misère,

Pour la Liberté, l'Egalité, on est tous frères.

 

J'étais petit, j'étais mino,

et j'ai fait ma première manif,

Par hasard, Place de Clichy,

Le PSU, l'UNEF et leurs amis,

manifestaient contre la barbarie,

au lendemain du massacre par la police

de centaines d'algériens en plein Paris.

 

J'étais petit, j'étais mino,

mais j'me rappelle dans cette nuit

à la sortie du cinéma d'une foule, de son silence puis de ces cris 

Ce 1er novembre 1961, ils étaient plus 3000

à défiler contre le racisme, la Paix en Algérie.

 

J'étais petit, j'étais mino,

et déjà je le sentais,

Jamais je ne cesserai 

là ou se trouve l'injustice et la Guerre 

de résister, de penser et de crier

Pour la paix et la Fraternité.

 

J'étais petit, j'étais mino, et garde des souvenirs de cette période.

De son ambiance particulière.

Ravitaillement difficile chez les commerçants qui retrouvaient, 15 ans la Guerre, leurs réflexes de BOF (Beurre Oeuf Fromage). Ils ne seront pas les seuls, la police, la justice et le pouvoir Gaulliste en chef d'orchestre.

Je me souviens de l'absence des instituteurs masculins à l'école, rappelés en Algérie. Des menaces de débarquement des parachutistes à Paris pour un coup d'état et de la mobilisation des citoyens de Montreuil où nous habitions, devant la Mairie (dont mon père) pour défendre la République.

Souvenirs aussi, ceux des attentats de l'OAS, comme lors du mariage d'une cousine à Courbevoie ou nous avons échappé à quelques minutes près à l'explosion d'une bombe.

Le corps d'un travailleur algérien repêché dans la Seine, qui l'avait poussé ?Et pourquoi ?

Ambiances en noir et blanc, flics partout, et par hasard en sortant du visionnage du film Ben Hur, au Gaumont, Place Clichy, celui de me retrouver dans une manifestation contre cette "Guerre sans nom" (magnifique film de témoignage de Bertrand Tavernier).

Cinéma, injustice, manifestations, colères, révoltes, antiracisme, c'est sûr on ne choisi pas son époque mais on peut choisir ses combats et ses passions.

La guerre au quotidien, attentats, assassinats de militants de gauche et algériens, répression policière, on s'en soubient.

LE PSU ET LES ETUDIANTS

1960-1968

Contribution à l'histoire du PSU

Mémoire de Maitrise d'Histoire

sous la direction de Robert BONNAUD 

Le PSU et les ESU A l'initiative des mobilisations de l'automne 1961 "Les manifestations algériennes ont mis à jour une réalitè que la prétendue lutte du pouvoir gaulliste contre l'OAS nous a fait un moment oublier : le fascisme et le racisme sont déjà là. L'appareil policier est déjà en place : quelques retouches seront à peine nécessaires : l'OAS n'aura plus qu'à mettre une étiquette sur le flacon" écrit l'éditorialiste de Tribune Etudiante (d'octobre 1961).

Les manifestations des travailleurs algériens se multiplient à Paris à partir du 17 octobre 1961 aux cris "Algérie, algérienne".

Le PSU dénonce "la nouvelle loi des otages" : rafle des travailleurs algériens, expulsions, etc.. "mais déjà une répression sauvage sévit : la police tire sur les manifestants et tue, des milliers de personnes sont arrêtées et emprisonnées dans les stades, des hommes sont retrouvés pendus aux arbres du bois de Boulogne et des cadavres sont repêchés dans la Seine.

Le PSU condamne l'horreur et les organisations syndicales CGT, CFTC, et FO prennent des positions communes. L'Unef réagit parallèlement le 10 octobre 1961.

Une grève de la faim commence décidée par tous les nouveaux détenus algériens pour l'obtention du statut de prisonnier politique. A Fresnes les détenus français en solidarité avec les détenus algériens s'associent au mouvement de grève. La "voix des prisons", organe soutenu par le PSU et auquel participent les ESU-JSU permet à l'ensemble des détenus de connaître l'évolution de la situation en Algérie et les réponses à leur revendication bientôt satisfaite par les autorités. 118

A la veille du 1er novembre, "huitième anniversaire de la révolution algérienne", les ESU et l'UGEMA clandestine publient une déclaration dont les premiers paragraphes rappellent : "ce huitième anniversaire de la révolution algérienne est encore plus dramatique que les précédents : la haine raciale se déchaîne en Algérie et en France, cependant qu'à Paris même, les mesures discriminatoires, la répression féroce, la terreur policière justifient les manifestations (pacifiques mais sauvagement réprimées) des travailleurs algériens"281 .

Mais les forces de gauches traditionnelles ne sont pas prêtes et le PSU décide de descendre seul dans la rue le 1er novembre 1961.

Les ESU, parmi lesquels Nicole Iffrig et Raymond Le Lock de retour d'une rencontre UGEMA-ESU en aoùt 1961, relancent les mobilisations unitaires Ätudiantes. Pour eux à présent "la lutte antifasciste doit donc se situer au niveau du danger. Elle ne doit plus se placer dans la perspective d'un prochain putsch, ou plutôt l'efficacité de sa riposte lui sera donnée par surcroÜt si elle prend des mesures immédiates de combat contre le racisme, contre le régime, pour la paix et la démocratie"... et... "Si De Gaulle voulait la paix, il l'aurait déjà faite"... " il proclame une politique de paix, mais ses commis, dans son ombre et sous ses ordres font une politique de guerre".

La manifestation du 1er novembre étrange départ de manif... chaque responsable de section devait mobiliser la veille au soir et Bernard Ravenel, Secrétaire de la section d'Antony, se souvient être intervenu pour mobiliser les étudiants de son groupe lors d'un meeting d'Hervé Bourges.

Mais chacun allait ensuite être parvenu individuellement du rendez-vous au métro Blanche. Là seulement, l'enveloppe close contenant les consignes données par A. Savary et J. Arthuys allait être ouverte une heure avant la manifestation. A 16 heures. Le groupe rejoint la place Clichy devant les files des cinémas de plus en plus longues, "la police... continue sa ronde tranquillement"

Pour tromper la police de fausses informations ont circulé. "Nous faisions semblant d'attendre devant un cinèma et d'un coup nous nous sommes trouvés plusieurs centaines sur la chaussée à partir en cortège".

A 16 heures, après le cri lancé "la paix avec l'Algérie" un cortège de trois milles personnes environ se regroupe sur le boulevard Clichy et se dirige vers la place Blanche en scandant "Paix avec l'Algérie" et "Halte au racisme".

Auparavant E. Depreux sur le socle de la statue de Moncey avait pris la parole en appelant à la mobilisation. Plus tard, dans la foule devant le cinéma le Rex, boulevard Poissonnière, Depreux dépose des roses Ç'est l'endroit où deux algériens avaient été abattus le 17 octobre 1961 et répond à un journaliste d'Europe 1, C. Bernadac.

La dispersion est ordonnée et la police bernée ne peut arrêter personne.

La technique "des rendez-vous secondaires" a permis de très bien organiser cette manifestation clandestine. Certains militants de l'UEC initiateur de cette méthode quelques mois auparavant se sont retrouvés pour l'occasion aux côtés des ESU dans leur service d'ordre ....

C'est ainsi par hasard que je me suis à 10 ans, retrouvé dans cette prmière manif ...... ........

le début d"une longue "carrière".

Tag(s) : #Infos et divers, #Débats et réflexions ouvertes

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