Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

EN MAI 1911, LES CHAUFFEURS DE TAXIS PARISIENS SE METTENT EN GRÈVE POUR DÉNONCER LEURS CONDITIONS DE TRAVAIL.

Existe t'il un lien entre ces deux mouvements de grève des taxis à un siècle d'intervalle ?

De mon point de vue oui. Déjà en ce début du XXè siècle, la "fracture" sociale entre riche et pauvre était colossale.

La conquête de nouveaux droits pour l'amélioration des salaires et des conditions au travail était souvent le fruit de luttes opposant violemment les grévistes aux forces de l'ordre qui n'hésitaient pas à tirer et tuer avec leur fameux fusil Lebel.

La révolution automobile à l'époque modifiait considérablement la condition de travail des cochers qui durent livrer pendant 14 mois un bras de fer contre l'état et  les compagnies de taxis. 

Avant l'héroïsme des fameux taxis de la Marne, il serait bon de rappeler la nécessité de ces luttes. 

Un conseil de lecture de découverte pour les uns de retrouvailles pour les autres, l'oeuvre de Louis Aragon.

 Les Cloches de Bâle, 1934 qui parle de cette grève des taxis, ouvrant un cycle dit du Monde réel et donnera suite aux Beaux Quartiers, 1936 (Prix Renaudot), Les Voyageurs de l'impériale, 1942, Aurélien, 1944, Les Communistes, 1949-1951 (réécrit en 1966-1967)

 


 

L'Humanité du 28 novembre 1911 nous résume la situation :

La grève chez les chauffeurs de taxis était déjà d'actualité en 1911. La raison principale de celle-ci (la première de l'histoire) : protester contre la taxation du benzol, alors utilisé comme carburant – taxation décidée par le préfet Lépine et pénalisant lourdement les conducteurs, déjà soumis à des conditions de travail pénibles, contraventions à jet continu, surtaxe sur le benzol, d'innombrables apprentis faits par les Compagnies (d'auto'fiacres), disputant aux vieux chauffeurs, sur le pavé parisien, des clients qui se font rares, constituent un ensemble de faits qui ne permettent plus aux chauffeurs de tirer un gain suffisant pour vivre, même de journées de quinze heures au volant."

C'est un constat. Il y a bien une filiation entre la lutte des chauffeurs d'aujourd'hui qui se retrouvent à la fois bousculés dans leurs conditions de travail et salariale face à la révolution économique que sont les paltes formes comme UBER, se développant tout en détruisant les droits sociaux chèrement acquis par cette profession.

 

À l'époque, la profession était totalement libre : il y avait environ 10 000 taxis à Paris.

La grève durera 144 jours, en vain.

Rappel sur ce qui déclencha cette grève historique des taxis de 144 jours entre 1911 et 1912

De tous ceux qui se lancèrent dans cette activité, Louis Renault est celui qui vend le mieux ses véhicules transformés en taxis. Les AG1 seront en grande partie les artisans de cette essor économique de la firme. Vendues aux principales compagnies parisiennes, ils vont devenir rapidement un élément indissociable du paysage urbain parisien, côtoyant encore les fiacres. S'il est encore cher pour le client, il est également très coûteux pour la compagnie qui l'utilise. L'achat, l'entretien, et les accessoires comme les pneus sont autant de charges que les petites sociétés ont du mal à surmonter. dans de nombreux cas, c'est le chauffeur qui va en subir les conséquences. 


Il a désormais à sa charge le carburant de sa voiture, doit accepter une baisse du pourcentage de ses recettes, et dans certains cas, reverser ses pourboires. Ces abus se multipliant, une grande grève sera déclenchée en 1911, mais cela ne changera rien. De toutes ces compagnies, la Compagnie française des automobiles de place, fondée par la banque Mirabaud et qui utilisa d'ailleurs l'AG1 de Renault et deviendra la G.7, sera celle qui s'en sortira le mieux. 

En 1913, avant la déclaration de guerre, les AG1 représente pratiquement 85% des 10000 taxis parisiens en circulation. Après la mobilisation il en circule à peu près 3000 dans Paris.


 

 

 

 

Tag(s) : #Historique, #Débats et réflexions ouvertes

Partager cet article

Repost 0