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Voici un bel article consacré aux Amis du Clown Chocolat

et à l'association PourQuoiPas 33

publié dans 

le Journal de l'Ormée

Publication du secteur culturel de la Fédération de la Gironde du PCF

 N°108.Février/mars/avril 2016. 5€

L’actrice Firmine Richard, marraine des Amis du clown Chocolat, et Jean-Pierre Lefèvre devant la plaque mémorielle dévoilée le 6 février au cimetière protestant, en présence de Fabien Robert, Marik Fetouh et Laurence Dessertine, adjoints au maire de Bordeaux (respectivement de la Culture, de l’Égalité et maire de secteur), le pasteur Valérie Malie, Angèle Louviers, secrétaire générale du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, de représentants du MRAP, la LICRA, l’UJFP et d’autres associations, des amis bordelais dont Vincent Maurin, d’autres venus de Bilbao et de Paris, des clowns du cirque Arlette Gruss…

Chocolat, le clown nègre, est réhabilité presque cent ans après sa mort par le film de Roschdy Zem sorti en février sur les écrans, dans lequel il est interprété par Omar Sy. Le duo oublié qu’il formait avec le clown anglais Footit avait pourtant tenu plus de quinze ans le haut de l’affiche à Paris.

Un hommage particulier à sa mémoire est rendu depuis plusieurs mois déjà à Bordeaux par ses « amis », qui ont proposé début février une quinzaine de jours d’événements, dont expositions et conférences à l’espace Saint-Rémi.

Le premier d’entre eux, Jean-Pierre Lefèvre, explique pourquoi et comment.

«Après les 9e rencontres “La Classe ouvrière, c’est pas du cinéma” à l’Utopia, consacrées en 2012 à “l’étranger, l’autre nous-même”, j’ai lu Chocolat, clown nègre, L’histoire oubliée du premier artiste noir de la scène française 1, le livre de Gérard Noiriel.

1. Publié en 2012 chez Bayard, nouvelle édition en 2016 sous le titre Chocolat, la véritable histoire d’un homme sans nom. Gérard Noiriel, historien et directeur d’études à l’EHESS, a notamment travaillé sur le monde ouvrier ainsi que sur l’articulation de l’immigration, de la nation et des sentiments xénophobes. Il est l’auteur de nombreux ouvrages dont Le Creuset français, l’Histoire de l’immigration XIX-XXe siècles (Seuil), Le Massacre des Italiens à Aigues-Mortes (Fayard) et Histoire, théâtre et politique (Agone).

Nous aurions souhaité faire venir à Bordeaux Chocolat blues, le spectacle combinant comédie, danse et vidéo qui s’en inspire, mais c’était trop cher pour notre association…

« Cette lecture fut pour moi la découverte “d’un homme ordinaire au destin extraordinaire”. Il est mort dans la misère, à Bordeaux, le 4 novembre 1917, et il n’y en avait aucune trace visible dans la ville que j’habite depuis 2005, après des années parisiennes.

Lorsque je suis touché par un événement ou une personne, j’en parle – trop, diront certains – autour de moi.

Et Rafael, ce fils d’esclaves qui s’évade, s’émancipe et impose son talent à Paris, me fascine. « Il n’est ni cubain, son pays de naissance, ni espagnol, pays où il est “déporté”, ni français, son pays de vie. En pleine montée de la ferveur nationaliste, du racisme dit “scientifique” qui justifie la colonisation, de l’antisémitisme qui culminera lors de l’Affaire Dreyfus, de l’exploitation ouvrière, y compris dans les campagnes, période qualifiée plus tard de “Belle Époque”.

Elle ne l’était pas pour tout le monde ! Rafael pourrait symboliser l’Homme du xxie siècle, celui de la mondialisation, de l’individu citoyen du Monde, dégagé de ses liens d’origine et qui doit se construire à travers les opportunités dans la continuité des valeurs des Lumières. »

Les premières oreilles attentives au récit de Jean-Pierre Lefèvre furent ses fils, puis des parents du comité FCPE de leur école, rue Albert Barrault, dont il est un membre actif. En particulier Arnaud Fleuri, devenu un ami. Il est réalisateur, l’idée d’un film court prend forme.

Pour le réaliser, ils vont faire pendant plus d’un an de multiples recherches et des dizaines de rencontres. Avec des associations comme La Mémoire de Bordeaux et de la Cub, ou la Société Philomathique, avec des responsables d’institutions, le musée d’Aquitaine, le rectorat, avec des « belles personnes » : Délia et Alexandre Romanès, qui portent le projet de centre artistique sur la culture gitane Tchiriclif, Karfa Diallo, créateur de Mémoires et Partages, Cheikh Sow, musicien et conteur…

De collaborations en partenariats, « c’est ainsi qu’est né le collectif Les Amis du clown Chocolat, qui n’est pas une association mémorielle, précise Jean-Pierre.

Contre tous les racismes.

« Son fil rouge ? L’altérité, la solidarité, la laïcité et la diversité, valeurs portées, selon moi, par la vie de Rafael. Au-delà du devoir de mémoire, nous nous inscrivons dans la lutte contre tous les racismes et toutes les discriminations, aujourd’hui, en nous attachant à en examiner les causes et à créer des synergies avec d’autres associations et institutions.

Nous voudrions que la création artistique sous toutes ses formes, vecteur essentiel de l’émancipation de tout individu parce qu’elle touche à notre représentation du monde, y tienne une place centrale. « En toute logique, la première projection publique du court métrage Le Clown Chocolat a eu lieu le 11 février de l’an passé à l’Utopia, dans le cadre d’une journée ciné “la Classe ouvrière” proposant des regards de cinéastes sur l’histoire coloniale.

Le danseur bordelais (Tribal Jam) Piroger Bakambo y incarne Chocolat, les enfants de l’école jouent leur propre rôle… Les lieux de tournage choisis, de l’École du cirque au Musée d’Aquitaine en passant par le Guignol Guérin, ont à nouveau été l’occasion de belles rencontres. Il a ensuite été prolongé par un spectacle vivant, le CinématoDanse, lauréat (prix spécial du jury) de la Quinzaine de l’égalité, de la diversité et de la citoyenneté en novembre 2015.

Seize panneaux présentant l’histoire du clown Chocolat l’accompagnent et circulent depuis un an dans plusieurs écoles et collèges, et d’autres lieux bordelais comme le Temple du Hâ de l’Église protestante, et l’Institut des Afriques, en janvier dernier.

« C’est à chaque fois la possibilité de porter une parole forte et actuelle auprès de publics larges, d’écouter les leurs, et de tisser des liens avec certaines associations et structures locales. L’occasion d’échanges avec des jeunes, ce qui est à mes yeux le plus important, et pour lesquels le clown Chocolat avait inventé la thérapie par le rire.

« Notre découverte d’un registre du cimetière protestant mentionnant Rafael Padilla ne nous a pas seulement conduits au dévoilement solennel d’une plaque le 6 février dernier, reprend Jean-Pierre Lefèvre.

Ce lieu sera intégré au parcours bordelais de la mémoire de l’esclavage, comme l’immeuble de la rue Saint-Sernin où il est mort et l’espace d’accueil du cirque, rive droite. Un projet de sculpture est à l’étude pour 2017… »

Depuis longtemps, Jean-Pierre Lefèvre considère l’art comme un lien, ouvrant des possibilités de transmission de mémoires, plus particulièrement la mémoire populaire, celle des « petites gens », souvent les oubliés de l’Histoire. Leurs combats d’hier contre toutes les oppressions, le racisme et les préjugés de toutes sortes, croit-il, nourrissent les solidarités et la fraternité pour aujourd’hui.

« Être chocolat ».

Comédienne, Bénédicte Rivière aime travailler sur le langage. À la suite de son livre Arlequin, Charlot, Guignol et Cie sur des expressions du langage commun mises en images par Gérard Dubois, elle a publié aussi un album illustré par Bruno Pilorget, "Monsieur Chocolat", édité chez Rue du monde, et "Je suis Chocolat", roman pour les enfants de 8 à 12 ans, édité par Les Petites Moustaches, maison bordelaise créée par Sophie Gallo-Selva.

le logo de l'association C'est du cinéma

Durant sa vie parisienne, Jean-Pierre a animé un ciné-club dans le 9e arrondissement. L'association C'est du Cinéma.

"C’était un prolongement de mon engagement syndical, à la CGT cela va sans dire. Cela a duré 20 ans et il a survécu à mon départ ! Une vingtaine de ses membres sont venus à Bordeaux début février en fêter le soixantième anniversaire. Et ont été reçus à la quinzaine du clown Chocolat !

Car c’est en faisant à son tour des propositions artistiques qu’on s’approprie cette histoire et cette culture. »

Pour se donner les moyens d’organiser des événements, Jean-Pierre Lefèvre a d’ailleurs créé en 2014 L’assopourquoipas33, devenue le noyau dur des Amis du Clown Chocolat.

Des « Amis » dont on n’a pas fini d’entendre parler. Un prochain rendez-vous est déjà pris en mai à la bibliothèque du Grand Parc, à Bordeaux, pour la journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leur abolition, dans le cadre de la Fabrique du Citoyen.

Cécile RENAUT

–––––––– Toutes les actualités sur : assopourquoipas33.over-blog.com/tag/ clown%20chocolat/

Association PourQuoiPas33

PRÉAMBULE AUX STATUTS 

La Culture sous ses différentes formes (l'Image, la musique, les beaux-arts, la littérature...) constitue la base de l'activité de l'association.

Le but de cette association est de créer des synergies entre différents acteurs des champs culturels concernés, au profit du public le plus large.

L'association a pour vocation le conseil et la mise en place de manifestations.

L'association s'inscrit dans une dynamique sociale.

Elle se situe dans l'héritage du mouvement d'éducation populaire et, à ce titre, associe des partenaires pour réaliser des rencontres humaines et citoyennes.

CHAMPS D'ACTIVITÉS

Image Festivals de cinéma / expositions de photos / nouvelles technologies

Beaux-arts Expositions de peintures, sculptures, photos, etc.

Conférences Organisation de conférences, rencontres, happenings, séminaires culturels…

Tourisme culturel Organisation de randonnées à thèmes

Réception de groupes dans le cadre d'échanges culturels

Conseils Conseils dispensés auprès de tous groupes, associations, comités d'entreprise, pour la mise en œuvre de manifestations entrant dans l'objet de l'association PourQuoiPas33

STATUTS SUR DEMANDE 

Pour contacter ormee33@gmail.com

L’Ormée Publication du secteur culturel de la Fédération de la Gironde du PCF. 15, rue Furtado - 33800 Bordeaux - 05 56 91 45 06

Directeur de la publication, Michel Dubertrand. Rédacteur en chef, Emmanuel Fargeaut.

Vente au numéro, 5 euros. Abonnements - 1 an: 15 euros soutien: 25 euros, 50 euros.

Tirage 3000 exemplaires.

Composition et impression Les Nouvelles de Bordeaux et du Sud-Ouest 15, rue Furtado - 33800 Bordeaux

Tag(s) : #Historique, #Assopourquoipas33 administration, #Notre projet

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